L'espérance

Le concept de l’espérance est exprimé, dans les textes hébreux, notamment par les trois mots יָחַל (yachal), קָוָה (qavah) et le nom, dérivé des verbes, תִּקְוָה (tiqvah) et תּוֹחֶ֫לֶת (tochelet).



Le verbe יָחַל (yachal)


Le terme יָחַל (yachal) signifie la plupart du temps simplement « attendre ». Cependant, une attente positive (Esaïe 51:5; Ezek 13:6; Michée 7:7; Job 13:15) ou négative (2 Sam 18:14; 2 Rois 6:33; Jér 4:19) peut également être associé à l’idée d’« attendre » et indiquer la notion d’espoir ou, négativement, espoir frustré.


Le nom תִּקְוָה (tiqvah) – Pentateuque et Prophètes


Le nom tiqvah (תִּקְוָה) vient du verbe qavah (קָוָה avec 47 occurrences) ayant le sens de base d’attendre. La plupart du temps, le verbe est utilisé pour exprimer une attente positive du futur, donc l’idée de l’espérance. À la fin de sa vie, Jacob bénit ses enfants. Dans ce contexte, Jacob voit un futur obscure pour Dan et exclame son espérance en l’Éternel (Genèse 49:18), qui seul peut avoir miséricorde face à ce dilemme.

Dieu s’est choisi un peuple et a tout fait pour que ce peuple puisse porter de bons fruits. Malheureusement, l’espérance du Seigneur de voir son peuple porter des fruits dignes de son œuvre ne s’est pas accompli (Ésaïe 5:2,4,7; Jérémie 8:15). Il faudrait donc le châtier.

Le prophète, par contre, place sa confiance en l’Éternel (Ésaïe 8:17). Le peuple vit en rébellion, mais le prophète espère que l’Éternel fera quelque chose pour faire revenir son peuple vers Lui. Il utilise חָכָה (chakah) comme synonyme de tikvah (תִּקְוָה) en Ésaïe 8:17 pour renforcer l’idée. En Ésaïe 25:9, le contenu de l’espérance du peuple est le salut accordé par Yahwe. Il donnera la victoire sur les Moabites. Les rois de la terre se plieront devant Yahwe (Ésaïe 49:23). Dans l’ère messianique, toutes les nations espéreront en l’Éternel (Ésaïe 51:5). L’espérance de la lumière et du salut ne se réalise pas tant que le peuple vit dans le péché (Ésaïe 59:9,11).

Le prophète attend le jugement de Yahwe sur les ennemis (Ésaïe 26:8). Ceci donnera la paix pour le peuple de Dieu (Ésaïe 26:12). Le prophète espère dans la grâce de Yahwe, dans son salut lors de la détresse (Ésaïe 33:2).

L’espérance est le canal que Yahwe utilise pour donner la force, le courage et la joie de continuer, expérimentés par ceux qui placent leur confiance en Lui (Ésaïe 40:31; Psaumes 27:14).

Les non-Israëlites aussi placeront leur confiance en Yahwe (Ésaïe 60:9). Yahwe intervient même au-delà des attentes de son peuple (Ésaïe 64:2). Par contre, il n’y a pas de paix pour les membres du peuple de Dieu qui ne placent pas leur confiance en lui (Jérémie 8:5; 14:19).

La provision de la pluie est une base pour l’espérance dans la provision de Yahwe (Jérémie 14:22). Celui qui n’a pas d’espoir doit revenir vers l’Éternel et placer son espoir à nouveau en Lui (Osée 12:7). Celui qui place son espérance en Yahwe est instruit par Lui (Proverbes 25:5). Il met en pratique cette instruction et est protégé (Psaumes 25:21). L’héritage de Yahwe est pour ceux qui placent leur espérance en Lui (Psaumes 37:9, 34) et le Seigneur écoute leurs prières (Psaumes 40:2).

L’objectif de Dieu pour l’humanité est la paix, shalom (שָׁלוֹם ; Jérémie 29:11), pas le mal, ra'ah (רָעָ֔ה). Tikvah (תִּקְוָה) est l’espérance de la réalisation de ce shalom.

Dans le contexte historique, le contenu de tikvah est le retour du peuple dans le pays de Dieu, la terre promise à Israël (Jérémie 31:17). Avec l’exile, le peuple d’Israël n’exista plus vraiment en tant que peuple de Dieu, uni, modèle pour les nations. Le peuple se considérait morts étant esclaves. L’exile fut la conséquence de leurs péchés. Ils perdèrent tout espoir de pouvoir devenir à nouveau le peuple de Dieu florissant (Ezéchiel 37:11). Ézékiel proclame la restauration de Dieu. Les os secs, Israël, revivront par la puissance de l'Esprit de Dieu, Ruah Adonai. Le Saint-Esprit ramènera le peuple de l’exile. Le peuple reviendra vers l’Éternel et c’est à ce moment-là qu’ils recevront la permission de retourner en Israël. Ils revivront. Le peuple resuscitera. Quand le peuple revient de l’exile, il boiront à nouveau leur propre vin (Osée 2:17), signe de fruit, joie et paix. Comme le peuple entra dans la terre promise après l’exile en Égypte, ainsi le peuple reviendra de l’exile de Babylone. Les captifs sont donc invités à placer leur espérance en l’Éternel, leur forteresse (Zacharie 9:12).

Le nom תִּקְוָה (tiqvah) – Littérature Poétique


Dans la littérature poétique, תִּקְוָה (tikvah) est l’espérance de celui qui place sa confiance en l’Éternel (Psaume 62:6; 71:5). Il trouve son shalom en l’Éternel, qui le protège du méchant. Le Psaume 9 fait référence au shalom dans le royaume messianique. L’ennemi ne pourra pas vivre dans ce royaume. L’ennemi de celui qui place sa confiance en l’Éternel sera anéanti et le juste vivra pour toujours avec l’Éternel, car l’Éternel se souvient de lui (9:19).

Éliphaz de Théman propose à son ami Job que cela a été toujours le méchant qui a souffert le jugement apporté par Ruah Adonai (4:9), alors que le juste a toujours été justifié par l’Éternel. Il faut donc que Job craigne l’Éternel et place son espoir en Dieu, qui fera justice (4:6). Le malheureux est soutenu et peut continuer à vivre grâce à תִּקְוָה (tikvah) placée en Dieu (Job 5:16). Il place sa confiance en l’Éternel, qui peut réaliser son espérance (Job 6:8), alors qu’il n’y a pas d’espérance pour l’impie (Job 8:13), qui attend seulement la mort (Job 11:20; 27:8; Proverbes 11:7) et le jugement de Dieu (Proverbes 11:23). L’enfant rebelle doit être corrigé pour qu’il y ait de l’espérance pour lui (Proverbes 19:18). Celui qui vit selon la sagesse de Dieu (Proverbes 24:14) a de l’espérance, mais il n’y a plus d’espoir pour celui qui se croit sage à ses propres yeux (Proverbes 26:12), pas plus que pour celui qui parle sans réfléchir avant (Proverbes 29:20). Celui qui place son espérance en l’Éternel trouve la joie (Proverbes 10:28), la sécurité et la paix (Job 11:18). Comme l’arbre, le juste repousse lorsqu’il est coupé (Job 14:7). Celui qui place son espérance en l’Éternel, même lorsqu’il est frappé, même dans des circonstances difficiles, expérimentera la bonté de l’Éternel. C’est l’Éternel qui le défendra et le protégera (Lamentations 3:29).

Conclusion


Le nom tikvah et le verbe qavah ont le même champ sémantique dans les textes bibliques: Il s’agit d’habitude d’une attente positive qui a pour conséquence des émotions positives et de l’énergie pour agir en faveur d’une réalisation de ce que l’on espère.


  • Twitter
  • Instagram

Payment info:

Ralf Lubs

IBAN: BE24 0000 7266 6538

©2020 by PeaceLiterature